Entre usage, usage nocif et dépendance ou de l’expérimentation aux excès.

L’usage, l’usage nocif et la dépendance concernent bien plus les adultes que les adolescents ou les jeunes. Mais la plupart des consommations problématiques commencent avant 20 ans, avec l’expérimentation mais aussi les excès. Les effets et les dangers des substances psychoactives varient selon les produits, la quantité consommée et sa fréquence, la vulnérabilité du consommateur, les contextes et l’usage qu’on en fait. Même si l’usage d’un produit psychoactif n’est pas anodin, le comportement de l’usager face au produit est primordial et définira son profil.

L’usage

C’est une consommation de substances psychoactives qui n’entraîne ni complications pour la santé, ni troubles du comportement dans la mesure où l’usager consomme modérément en ayant :

  • Connaissance du produit et de ses effets
  • Conscience que son état de santé doit être compatible avec la prise d’un produit
  • Conscience des délits encourus pour l’obtention d’un produit illicite
  • Fait le choix, sans pression extérieure
Le simple usage ou usage récréatif/festif concerne des consommations occasionnelles et modérées. Dans la majorité des cas, l’usage n’entraîne pas d’escalade. Cependant, il peut être dangereux de banaliser les substances psychoactives et leur consommation qui pourrait entraîner un usage nocif chez des personnes fragilisées.

L’usage nocif

C’est une consommation qui peut provoquer des dommages physiques, psychologiques ou sociaux pour le consommateur et pour son environnement. On parle d’usage nocif, s’il y a :

  • Difficulté à se passer du produit pendant plusieurs jours
  • Aggravation des problèmes personnels ou sociaux (dégradation des relations familiales, problèmes financiers, échec scolaire …)
  • Changement de comportement (perte de l’appétit, boulimie, troubles du sommeil, tenue vestimentaire, hygiène, absentéisme, dépenses inconsidérées…)
  • Mal-être (repli sur soi, agressivité, peur de l’avenir, ennui, rupture…)
  • Mise en danger d’autrui ou de soi-même (conduite automobile, sexualité, violence, infractions, répercussion sur le fœtus…)
Certaines personnes vont laisser tous les produits envahir leur vie relationnelle, psychique, professionnelle. Si vous avez de plus en plus de mal « à faire sans », c’est que la dépendance s’est installée.

La dépendance

C’est quand l’usager ne peut plus se passer de consommer, sous peine de souffrances physiques et/ou psychiques ; il est « accro ». L’usage se répète au point que le produit devient le vecteur indispensable. La vie quotidienne tourne exclusivement autour de la recherche et de la prise du produit. Elle se traduit par un état de manque physique et/ou psychique (anxiété avant la consommation, soulagement ressenti lors de la consommation, perte de contrôle de soi pendant la consommation).

La dépendance physique se traduit par :

  • Un état de manque
  • Des malaises physiques qui varient selon le produit (douleurs, tremblements, convulsions…)
  • Des troubles du comportement (anxiété, irascibilité, angoisse, agitation…)

La dépendance psychique se traduit par :

  • Une angoisse pouvant aller jusqu’à la dépression (troubles obsessionnels, suicide)
  • La difficulté à s’adapter à une vie sans produit(s)
  • Le mal-être, le vide que la consommation visait à supprimer
  • Le fait de continuer à consommer tout en étant conscient des conséquences dans sa vie privée ou professionnelle
Ce stade critique entre usage et dépendance doit être dépisté le plus tôt possible car il traduit une détresse psychologique forte qui doit trouver une assistance rapide. La difficulté aujourd’hui est le fait que la dépendance ne s’installe pas forcement autour d’un seul produit mais de plusieurs, on parlera alors de polyconsommation.

La polyconsommation

Ca se fume, ça se gobe, ça se sniffe ou ça se boit, c’est plus fort que vous, vous voulez rester branché et tout essayer. Il vous faut un cachet pour dormir, un pétard pour délirer, un verre pour rigoler, un ecsta pour draguer, un tranquillisant pour vous rassurer. La consommation d’un produit entraîne souvent des consommations associées : alcool et cigarette ; cannabis, tabac et alcool ; ecstasy et médicaments psychoactifs…Il existe deux cas de polyconsommation : l’usager qui consomme régulièrement mais de façon dissociée plusieurs produits ; et celui qui associe en même temps plusieurs produits dans un même moment.

Les effets recherchés à l’association de plusieurs produits sont :

  • La maximalisation des effets par l’accélération et l’amplification de la « montée » et la potentialisation, le prolongement et la relance des effets.
  • L’équilibrage des effets par la production de nouveaux effets, le masquage d’une de leur catégorie et leur neutralisation.
  • La maîtrise des effets négatifs par l’atténuation d’une montée trop forte et l’adoucissement de la descente.
  • La fonction rechange suite à la non disponibilité du/des produit(s) et la substitution d’effets
  • Un comportement destructeur, voire suicidaire
Les produits que vous consommez ont bien souvent une composition très différente de ce que vous imaginez ; conjugués, les effets des produits sont amplifiés, entraînant des risques accrus pour la santé.