Si aujourd’hui la contraception est largement répandue dans notre pays, elle n’est pas encore suffisamment maîtrisée. Des inégalités persistent. En effet, le taux de recours à la contraception et le degré d’information restent trop souvent liés au niveau d’insertion sociale.

Une des préoccupations majeures concerne le nombre d’avortements qui ne décroît pas ainsi que les grossesses non désirées chez les adolescentes qui restent nombreuses. Il paraît donc important de recourir à une contraception efficace.

La contraception, à vous de choisir la vôtre

Crédit photo : http://www.choisirsacontraception.fr/

La contraception consiste à utiliser une des méthodes visant à éviter, de façon réversible et temporaire, la fécondation, donc la grossesse. En l’absence de contraception, une fécondation est possible dès la première relation sexuelle.

Les contraceptifs hormonaux

La pilule

Méthode contraceptive la plus utilisée en France, les pilules contiennent deux hormones : œstrogène et progestérone. La principale action consiste à bloquer l’ovulation ou à modifier la glaire sécrétée au niveau du col de l’utérus afin d’empêcher la progression des spermatozoïdes.

Présentation : il n’existe pas « une » pilule mais « des » pilules : les pilules fortement dosées, normalement dosées et mini dosées. Elles sont efficaces à 99,5%.

Utilisation : le choix d’une pilule se fait après consultation auprès d’un médecin ou d’un gynécologue. Celui-ci tiendra compte d’une éventuelle contre-indication médicale et/ou pourra convenir avec vous d’une autre possibilité contraceptive plus adaptée à votre demande. La pilule se prend par voie orale trois semaines sur quatre. En fin de plaquette, pendant la semaine d’arrêt, les règles surviennent. La première fois, la première pilule est prise le premier jour des règles, et ensuite à heure fixe, jusqu’à la fin de la plaquette sinon son efficacité n’est plus totale.

En cas d’oubli (+ de 12 h de retard), bien lire la notice de votre pilule ou contacter votre médecin ou gynécologue. Le risque de grossesse est particulièrement important si vous oubliez de prendre des comprimés au début ou à la fin de la plaquette.

Prix : certaines pilules sont remboursées, d’autres ne le sont pas. Elles sont toutefois gratuites pour les personnes non assurées sociales ainsi que pour les mineures qui peuvent se les procurer dans les centres de planification.

Le patch

Dispositif qui associe œstrogène et progestérone tout comme la pilule. L’avantage avec le patch, c’est qu’une fois appliqué sur la peau, il délivre une dose d’hormone quotidienne pendant une semaine.

Présentation : il se présente sous la forme d’un patch de couleur chair et mesure 4,5 cm2, il est composé de 3 couches. Cette nouvelle contraception est aussi efficace que la pilule. Le patch est fiable à plus de 99%. L’absence de comprimé à avaler chaque jour est un atout majeur pour les « têtes en l’air ».

Utilisation : Le patch est à diffusion constante, sa pose est hebdomadaire (1 patch par semaine pendant 3 semaines suivi d’une semaine d’arrêt = 3 patchs pour un cycle). Il colle suffisamment pour résister au bain, à la douche, à la pratique du sport (même en cas de transpiration) et à la natation. Il est à appliquer sur une peau propre et sèche. Il résiste ensuite aux crèmes et aux huiles solaires. Il est conseillé de le placer sur la fesse, la cuisse, la hanche ou le ventre mais en aucun cas sur la poitrine.

Si vous oubliez de changer de patch à la fin de la semaine, pas de panique car l’ancien patch est encore efficace 48 heures.

Il est délivré uniquement par le médecin et n’est pas remboursé par la sécurité sociale.

L’anneau

Il libère simultanément oestrogène et progestérone ; hormones dissoutes dans la matrice de l’anneau. Faiblement dosé en hormones mais aussi efficace que la pilule, l’anneau permet de lutter contre l’ennemi n°1 de la pilule : « l’oubli ».

Présentation : il s’agit d’un anneau transparent souple de 5 cm de diamètre. Il y a moins d’effets secondaires indésirables et moins de contre-indications notamment pour celles qui fument du fait d’une faible concentration d’hormones et de sa diffusion locale (vagin) et non orale. L’anneau est fiable à 98 – 99%.

Utilisation : simple, il suffit d’insérer l’anneau dans le vagin, de le laisser en place 3 semaines, puis de le retirer. Pour la première utilisation, il faut se rendre chez un gynécologue qui le placera le premier jour des règles et qui expliquera comment le positionner pour les mois suivants.

Il n’est pas remboursé par la Sécurité Sociale pour l’instant.

L’implant

L’implant contraceptif libère régulièrement de la progestérone qui bloque l’ovulation. De plus, l’implant entraîne une modification de la glaire cervicale qui gêne l’avancée des spermatozoïdes.

Présentation : il s’agit d’un bâtonnet cylindrique de 4 cm de long et 2 mm de diamètre. Il est efficace pendant 3 ans sachant qu’il peut être retiré à l’aide d’une anesthésie locale. L’efficacité de l’implant est excellente (+ 99%).

Utilisation : il est placé sous la peau, sur la face interne du bras (gauche pour les droitières, droit pour les gauchères) par un médecin. Cette intervention simple ne nécessite qu’une anesthésie locale et ne dure que quelques minutes.

Dès le retrait de l’implant, la fertilité reprend généralement après un cycle complet.

Prix : l’implant coûte environ 150 € pour une durée de 3 ans. Il est remboursé à 65 %.

Les contraceptifs locaux

Le préservatif masculin

Seul moyen contraceptif masculin, le préservatif est également le seul moyen de prévention contre les IST et le sida. Étanche, il retient le sperme et empêche ainsi la fécondation et les éventuelles contaminations.

Présentation : généralement en latex, le préservatif (ou capote) se présente enroulé, avec ou sans réservoir à l’extrémité, lubrifié ou non. Il en existe de couleurs variées, avec des reliefs et des saveurs différentes. Son efficacité est de 95%. Toutefois, attention aux mauvaises surprises dues à une mauvaise pose, à la rupture du préservatif ou au retrait tardif du partenaire…

Utilisation : il se déroule sur le pénis en érection, avant la pénétration. Pour être efficace, il suffit de respecter quelques points essentiels :

  • Utiliser un préservatif lors de toutes relations sexuelles et avant toute pénétration.
  • Laisser un espace vide au bout du préservatif pour recueillir le sperme.
  • Se retirer juste après l’éjaculation, en serrant le préservatif à sa base et avant la rétraction du pénis.

Vérifier que la mention NF (Norme Française), CE ou EN 600 (Communauté Européenne) soit bien mentionnée sur la boîte contenant les préservatifs.

Le meilleur moyen de se protéger est d’utiliser à la fois la pilule et le préservatif.

Prix : de 20 centimes à 1.5 € pièce et non remboursé.

Ce dépliant donne les conseils nécessaires pour utiliser correctement les préservatifs masculins et féminins. [Source : inpes]

Le préservatif féminin

Il tapisse la paroi vaginale. Il empêche le passage du sperme vers l’utérus et empêche ainsi la fécondation et les éventuelles contaminations.

Présentation : c’est une gaine en polyuréthane munie d’un anneau souple aux deux extrémités. L’anneau intérieur, situé du côté fermé, sert à l’insertion et au maintien du préservatif. L’anneau extérieur, plus grand, recouvre les organes génitaux externes. Le préservatif mesure 170 millimètres de long sur 78 mm de diamètre. Il est plus fin mais néanmoins plus résistant que le latex utilisé pour le préservatif masculin. Il est lubrifié et à usage unique. Il est efficace à 99.2%.

Utilisation : il se place dans le vagin comme un tampon sans applicateur. Il peut être placé plusieurs heures avant et retiré plusieurs heures après le rapport sexuel.

Prix : environ 4.5 € par 3 et non remboursé.

Le diaphragme

Il permet l’obturation du col de l’utérus et bloque ainsi le passage des spermatozoïdes.

Présentation : c’est un capuchon en forme de dôme tendu par un anneau rigide que l’on introduit au fond du vagin juste devant le col de l’utérus. Il est en général en latex, à bord souple et élastique. Le diaphragme, pour être efficace, doit être adapté à l’anatomie de chaque femme ce qui implique une consultation médicale. Le taux d’efficacité se situe entre 85 et 90%.

Utilisation : il se place dans le vagin et est utilisé avec une crème spermicide.
Le diaphragme doit rester en place quelques heures après un rapport afin de permettre aux spermicides de neutraliser les spermatozoïdes. Après usage, il sera lavé à l’eau et au savon et conservé dans du talc. Il peut être utilisé une année environ. Cette méthode efficace mais contraignante est très peu utilisée en France et non remboursée.

Les spermicides

Les spermicides, produits à effets contraceptifs chimiques, ont une action destructrice sur les spermatozoïdes. L’éponge a en plus pour fonction d’absorber le sperme.

Présentation : les spermicides existent sous forme de crèmes d’ovules ou d’éponges en polyuréthane. La fiabilité des spermicides est considérée comme imparfaite allant de 70 à 80 % (quand à l’éponge elle est efficace de 80 à 90%) principalement du fait d’un mauvais usage. Il est donc important de bien lire la notice.

Utilisation : les spermicides sont introduits dans le vagin avant le rapport sexuel. L’éponge doit être posée au fond du vagin, ce qui permet de faire barrage en formant une pellicule devant l’entrée du col de l’utérus et sur les parois du vagin pendant un rapport. Les éponges sont efficaces 24 heures.
Prix : Ils coûtent entre 6 et 12 € la boite de 6 et ne sont pas remboursés

La cape cervicale

Présentation : La cape cervicale (en silicone) se glisse dans le vagin, au contact du col de l’utérus, pour empêcher le passage des spermatozoïdes vers l’intérieur de l’utérus.

Utilisation :La cape cervicale peut être posée au moment du rapport sexuel mais aussi jusqu’à 2 heures avant le rapport sexuel. Elle doit être utilisée en association avec les spermicides pour une meilleure efficacité.Elle doit être laissée en place pendant 8 heures après le rapport sexuel (et retirée au plus tard dans les 24 heures qui suivent le rapport).La cape peut être réutilisée plusieurs fois, à condition d’être lavée après chaque utilisation.

Prix : environ 60 €, non remboursé (source : choisirsacontraception.fr)

Le dispositif ou système intra-utérin

Le dispositif ou système intra-utérin (anciennement appelé stérilet) est placé dans l’utérus et empêche l’implantation de l’œuf fécondé.

Présentation : c’est un petit objet de 3 cm environ, généralement en plastique souple en forme de T. Il comprend en général un peu de cuivre (DIU), ce qui augmente l’efficacité contraceptive. Le stérilet est muni d’un fil de retrait, fixé à la partie inférieure du dispositif. Il est efficace de 97 à 99 %.

Utilisation : il est placé par le médecin dans l’utérus en fin de règles, ou au plus tard les premiers jours qui suivent. Une fois placé, il est efficace quels que soit la période et le nombre de rapports sexuels. Il peut être posé chez des femmes ayant déjà eu ou non un enfant. Il peut se garder entre 3 et 5 ans.

Il est remboursé à hauteur de 65%.

Le stérilet nouvelle génération, hormonal au progestatif, appelé le « système intra-utérin » (SIU) diminue, voire supprime peu à peu les règles, ce qui peut représenter un confort certain.

Contraception d’urgence : on peut toutes en avoir besoin

Oubli de pilule, rupture de préservatif…la contraception d’urgence ou « pilule du lendemain » est employée après un rapport sexuel pas ou mal protégé afin d’éviter une grossesse non désirée. C’est un moyen contraceptif « de rattrapage », donc son usage doit rester exceptionnel. Elle ne remplace pas une contraception régulière. Son efficacité dépend de la rapidité à prendre le contraceptif d’urgence (85 % d’efficacité entre 24 et 48 h, 58 % entre 48 et 72 h). Elle ne protège pas contre le risque de transmission des IST et du sida.

Quand l’utiliser ?

  • rapport sexuel non protégé
  • rapport sexuel sous la contrainte
  • partenaire ne s’étant pas « retiré » à temps
  • échec contraceptif, par exemple rupture de condom ou glissement de diaphragme
  • oubli de la pilule pendant deux jours ou plus avant un rapport sexuel.

Présentation : elle se présente en boite de 1comprimé. La contraception d’urgence va bloquer l’ovulation et la différer. C’est pour cette raison qu’elle n’est efficace que pour le rapport que vous avez eu dans les trois jours précédents la prise de la pilule d’urgence.

Utilisation : prendre le comprimé, le plus tôt possible après le rapport sexuel mal ou non protégé, et impérativement dans les 72 heures (3 jours) suivant ce rapport. Respectez bien les conseils d’utilisation sur la notice. Si un retard de règles de plus de cinq jours est remarqué ou des règles qui ne paraissent absolument pas normales, il faut consulter un médecin ou un gynécologue.

Prix : la pilule du lendemain peut être délivrée soit : sans ordonnance en pharmacie et n’est alors pas remboursée soit sur ordonnance et est alors remboursée à 65% pour les majeurs. Elle coûte environ 7 €. Elle est gratuite pour les mineures.

A savoir : Le décret du 9 janvier 2002 permet aux mineures d’obtenir gratuitement la contraception d’urgence auprès des pharmaciens, et ce, sans prescription médicale. La délivrance par le pharmacien est précédée d’un entretien visant à s’assurer que la situation de la mineure corresponde aux critères d’urgence et aux conditions d’utilisation de cette contraception. L’entretien permet également au pharmacien de fournir à la mineure une information sur l’accès à une contraception régulière, sur la prévention des IST et sur l’intérêt d’un suivi médical.

Le Norlevo est délivré sans prescription médicale dans les centres de planification et d’éducation familiale, à l’infirmerie scolaire, chez le gynécologue ou directement à la pharmacie.

La pilule du surlendemain, Elle a été développée pour pallier les accidents de contraception. Prise jusqu’à 5 jours après l’accident, elle permet d’éviter une grossesse non désirée.

L’interruption volontaire de grossesse (IVG)

L’IVG peut être pratiquée à la demande d’une femme (ou jeune femme) enceinte et d’elle seulement. Il s’agit d’un acte chirurgical ou médical destiné à mettre fin volontairement à une grossesse non désirée. La demande doit être effectuée dans les délais réglementaires (soit 12 semaines de grossesse maximum) auprès d’un médecin, dans un établissement d’hospitalisation agréé, public ou privé, un centre de planification familiale ou un centre de conseil familial.

Après constat de la grossesse auprès d’un médecin, un délai de réflexion d’une semaine est obligatoire pour confirmer la demande d’IVG sauf si le délai de 12 semaines risque d’être dépassé. Durant cette semaine, la mineure devra avoir un entretien avec une conseillère familiale ou une assistante sociale dans un centre de planification ou un organisme agréé ; pour les majeures cette consultation sociale n’est plus obligatoire [art.L2212-4]. L’objectif est de permettre à la femme de s’exprimer librement et d’être informée sachant que la conseillère est là pour l’aider dans le respect de sa décision finale. A l’issue de cet entretien, une attestation destinée à l’établissement pratiquant l’IVG est remis à la femme. Si elle n’a pas eu d’entretien, elle devra renouveler sa demande d’IVG auprès de son médecin.

Pour les mineures, l’autorisation de l’un des parents, d’un tuteur ou d’un juge pour enfants est obligatoire. Le consentement écrit de la mineure est indispensable en dehors de la présence de la personne qui exerce l’autorité parentale. Toutefois, il est possible de se passer de l’autorisation parentale en cas de dialogue familial impossible. Elle doit alors se faire accompagner d’un adulte de son choix.

Comment se passe l’IVG ?

L’IVG médicamenteuse, alternative sûre et moins traumatisante que l’IVG chirurgicale, recueille majoritairement la préférence des femmes quand elle leur est proposée. Le RU 486 ou Mifégyne ainsi que des comprimés ou des ovules gynécologiques de prostaglandines peuvent être utilisés. L’IVG médicamenteuse doit être pratiquée avant moins de trois semaines de retard de règles.

La prise des comprimés se fait en présence d’un médecin. L’expulsion de l’œuf peut se produire dans les heures ou les jours qui suivent. Une consultation de contrôle doit se faire une semaine environ après la prise du RU 486 afin de vérifier son efficacité par un test de grossesse ou une échographie.

L’IVG chirurgicale doit être pratiquée avant la fin de la 12e semaine de grossesse. L’IVG se pratique au moyen d’une canule introduite dans l’utérus et reliée à un « mini aspirateur ». L’aspiration enlève le contenu utérin.

Prix : l’IVG est strictement tarifée et remboursée par la sécurité sociale à 80 %. Les 20 % restants sont à la charge de l’intéressée ou remboursés par sa mutuelle.

Liens utiles :

Pour connaître le centre de planification familiale le plus proche de chez vous consultez le site du Conseil départemental des Yvelines : www.yvelines.fr

Pour localiser les structures spécialisées sur les questions liées à la sexualité et à la contraception en région Ile-de-France : I pass contraception
Autres sites : www.choisirsacontraception.fr, www.macontraception.fr,www.avortementancic.net, www.accueiljeunes.fr, www.ivglesadresses.org

Oubli ou perte de pilule ? Pas de panique grâce à ce guide pratique.

http://pilule-contraceptive.fr/

 

Date de mise à jour : 17/11/2017